Monday, November 12, 2007

Biblioteca Nacional



Voici quelques images de mon lieu de travail: la bibliothèque nationale. C'est là ou je passe la majeure partie de mon temps depuis que je suis arrivée ici. Il s'agit pour moi de fouiller dans les archives de journaux nationaux dans le but de trouver des articles d'opinion publiés par des acteurs de la transition à la démocratie.De 1988 à 2005, dans quatre journaux nationaux différents. Ce travail je n'en vois pas vraiment le bout, c'est difficile et à la fois simple. C'est là qu'est le problème. J'ai la chance de ne pas avoir d'horaires, aucune contrainte à priori, à part les variations de ma volonté. Je n'ai vu qu'une fois responsable de stage. Je travaille pour un professeur, chercheur et chroniqueur reconnu, Alfredo Joignant. Il est professeur associé de la Sorbonne, directeur du département de sciences politiques de l'institut national des affaires publiques de l'universidad de Chile, ou je suis actuellement attachée. Je suis en quelque sorte son assistante. Depuis bientôt deux mois, je vais tous les jours dans le sous sol de la bilbliothèque, et je ressors, les uns après les autres, les exemplaires uniques de ces journaux. Une page après l'autre, jour après jour, mois après mois et années après années, je survole ces dix-sept années d'histoire, je cherche les articles et je les note, les photocopie ou les photographie. Ceux-là je les lis en diagonale, pour faire min travail le plus vite possible, mais il n'est pas rare que des fois je m'arrête, quand certains articles attirent mon attention: apparition d'ovnis, miracles, meurtres, viols, catastrophes. Mais mon dieu, pourquoi autant de drames ? J'ai fini par comprendre que certans journaux préféraient montrer ça, si l'on se tenait qu'à ça, qu'est-ce que serait ce pays...Je suis devenue habituée de ces journaux, et je repasse cette histoire qui m'est inconnue.
Propagande pour la campagne référendaire en 1988, messages de remerciement au Président- premier mandataire Augusto Pinochet Ugarte, victoire d'Alwinn, premier président élu démocratiquement après la dictature, histoires d'espionnage dans les partis politiques, histoires de drogue au Parlement, démantèlement de réseaux pédophiles dans le Parlement même, destitution d'un membre du conseil de l'éthique pour fréquentation de saunas gays, assassinats de Parlementaires. . . on parle bien ici de politique. C'est un travail fâcheux mais attachant à la fois, machinal. Je travaille maintenaint avec des journaux microfilmés, ça va bien plus vite. Je peux atteindre une moyenne de 5 ans tous les deux jours, alors qu'avant avec les journaux papier il me fallait un jour entier (6 heures environ de travail parce que plus c'est physiquement impossible pour moi) pour étudier une année. Il suffit de remplir un papier, noter les références des documents demandés, nom, prénom, adresse, numéro de téléphone et numéro de carte d'identité (qu'il faut savoir pour pouvoir avoir accés aux différents services, imortant et nécessaire pour tout chilien qui se respecte, ce qui fût difficile pour moi), et attendre qu'on nous apelle. Là les documentalistes nous donnent ce qui est demandé. Les employés de la bibliothèque le sont familiers, je les connais déjà tous, pas encore leurs prénoms mais je les vois tous tous les jours. Chacun est un personnage intéressant, certains sont étranges, d'autres attachants, comme Don Julio, un monsieur à la cinquantaine, qui s'occupe de faire les photocopies, et avec qui j'ai pris l'habitude de discuter de temps en temps. Lui aussi comme moi a inondé son appartement avec sa machine à laver. Des complicités se créent. Il y a aussi ce jeune qui ressemble à un rockeur, avec toujours le même pull et cette sorte de queue de cheval avec la nuque rasée. Il a l'air méchant, il semble faire la gueule, et il parle seul. Il se fait des blagues à lui même, et quand il part chercher les microfilms dans l'entrepôt, on l'entend sifflotter, chantonner et dire n'importe quoi. Heureusement que certains ont compris que pour moi vu l'ampleur de la chose chaque minute compte ! comme ce monsieur à la peau mate et les cheveux blancs, qui parle très vite et que je comprends très peu lorsqu'il parle.
Lui il sort tous les microfilms dont j'ai besoin-vu que je les vois à la suite-il va les chercher au fur et à mesure avant même que j'aie rendu l'antérieur-ce que la règle de la bilbiothèque impose, et qui fait souvent rouspeter certains-et je peux avouer que ça me facilite vraiment la tâche. J'avance alors plus vite.
La plupart des gens qui sont là font leur mémoire de recherche, des étudiants en histoire en majorité, et des écoliers aussi qui viennent faire des recherches pour leurs exposés. Des jeunes et des vieux messieurs en cravate viennent consulter le Journal officiel, et des mère avec leurs bébés viennent faire je ne sais quoi. Il y a aussi ce garçon autiste, qui vient tous les jours, et qui chaque jour consulte une tonne de journaux et prend des notes mystérieuses dessus. Les gardes de la bilbiotèque me saluent certains flatteurs, d'autres froidement, deux d'entre eux m'apellent "la senorita francesa", ce qui n'est pas totalement vrai.
Puis il y a la dame pipi, que je vois aussi régulièrement, à qui je donne la pièce de cent pesos, et qui au début me faisait peur. Elle avait l'air aigrie, mais elle s'est révélée être quelqu'un de très gentil, et drôle. A chaque visite aux toilettes une blague ou un commentaire sur la météo s'impose. Voilà mon bureau.

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